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Testament de Roderick Branchedroite

 
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Hearwyn Bousier
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MessagePosté le: Jeu 29 Déc - 03:00 (2016)    Sujet du message: Testament de Roderick Branchedroite Répondre en citant

Testament de Roderic Branchedroite


15 décembre 3019


Sept témoins ont signé l'acte, suivant les coutumes de Pont-à-Trétaux, et l'enveloppe est scellée à la cire rouge.


J'ai quelques histoires à léguer à Pont, maintenant que je ne suis plus...


Je suis né près de Tinnudir, plus au Nord, dans une région que l'on nomme Evendim.
Je tairai mon nom véritable. Ma famille fut décimée par les Angmarims, alors que j'étais déjà dans les Hauts. Plus personne ne se réclamera de moi.
Mon père et ma mère étaient commerçants, tenant une échoppe de tissus. Je suis le quatrième fils de la famille.
On me laissa faire ce que j'eus envie de devenir, je subvenais à mes besoins sans l'aide des miens en chassant, et je l'avoue, en tuant à l'occasion quelques brigands.
Se faisant, la vie me fit croiser la route des Rôdeurs du Nord, auxquels j'ai été au service pendant de nombreuses années et mon périple m'a amené dans les Hauts. Malheureusement blessé, ne pouvant plus courir sans boîter affreusement, il a fallu quitter leur compagnie...
Je suis devenu journalier dans des fermes pendant quelques mois aux alentours de Pont-à-Trétaux. Monsieur le Maire remarqua que j'étais instruit et à la mort du vieux Saulefeuille, il me proposa le poste d'instituteur. En échange des réparations, on m'offrit la propriété des lieux de l'ancienne école. J'en serai éternellement reconnaissant à la ville.
Je n'ai pas désiré prendre femme, et aucune ne se déclara non plus. Je crois que je leur faisais un peu peur avec ma barbe et mes cheveux noirs... Et des enfants, j'en ai été entouré pendant de nombreuses années. Dans l'ensemble, je suis assez fier de ce que ces jeunes gens sont devenus. Mais certains sont restés plus chers à mon cœur.


Pour mes funérailles, dressez un bûcher funéraire, confiez mes cendres à un Rôdeur, car je sais qu'ils ne sont jamais très loin, pour qu'il les disperse au lac Evendim, près de Tinnudir.


Voici que je laisse comme héritage, sentant la mort se rapprocher de moi.



A Bousier, Hearwyn :
Une élève comme je n'en ai pas eu d'autre...
Mon enfant, reste vive d'esprit, le cœur noble et droit comme tu l'as toujours été. Tu es une fille travailleuse, je suis convaincu que tu seras parvenue à te faire enrôler au Guet de Bree. Mais ce que je souhaite le plus pour toi : le bonheur. J'aimerais qu'un jeune homme chasse la tristesse des yeux de la studieuse et courageuse petite fermière. J'ai peur que ta vertu ne te fasse devenir sévère et dure si ton cœur ne connaît pas la joie...
En attendant que ton cœur puisse soupirer d'aise dans les bras d'un mari aimant, tu pourras patienter au coin du feu en feuilletant mes ouvrages de géographie et de cartographie. Ainsi que mon journal personnel. Il ne comporte pas grand chose, mais les quelques aventures que j'y ai répertoriées devraient te plaire. Et ainsi, on ne m'oubliera pas.
Le Maire te remettra cinquante pièces d'argent que je fais mettre de côté pour toi. Cela t'aidera à construire ton avenir.


Au Maire :
Je mets à disposition ma maison pour le prochain instituteur.
Si un jour, mademoiselle Bousier a besoin d'un toit, offrez-lui le gîte dans ma maison. Faites-le pour n'importe lequel de mes anciens élèves, le temps qu'il puisse se sorte d'affaire. Mais à elle, plus que tout autre : cette jeune femme n'a pas eu une vie facile, elle a su garder la tête haute et ne pas céder à la facilité ni au découragement. Sa famille m'a offert un travail et un toit au début de mon séjour dans notre belle bourgade de Pont, je ne l'ai pas oublié...
Je veux qu'on aide les nécessiteux comme Pont m'a tendu la main en m'offrant l'honneur d'en être l'instituteur. Un petit coffre est rangé dans le tiroir de mon bureau. Gardez cinquante pièces pour mademoiselle Bousier, faites-la prévenir de mon décès et confiez-lui ses biens. Le reste de l'argent est pour les bonnes œuvres, et on sait combien Pont a pu souffrir au cours de ces dernières années... [le coffret contient la très coquette somme de près de trois cents pièces d'argent]



Au Capitaine du Guet, monsieur Trotteur :
Je laisse pour le Guet des armes et armures. J'ai caché cela dans la réserve de l'école, dans des caisses. Je ne les ai jamais sorties pour éviter les questions et les histoires... Soyez sûr que j'aurais vraiment voulu vous les remettre lors de l'attaque de Pont. Mais les gens auraient été trop méfiants par la suite.




Addenda du 27 décembre 3019 :
L'écriture est tremblante, mais clairement lisible. De nouveau sept témoins ont signé.


Ma petite Hearwyn, ou je l'espère Madame Poireaux au moment où tu liras ces mots, je t'avais précédemment légué nombres de mes ouvrages et un peu d'argent.
Je suis bien aise que tu sois venue me trouver, et ta visite a réchauffé mon âme comme la visite d'une fille à son vieux père. Je suis touché que tu n'aies pas oublié ton vieil instituteur.


Je te laisse ma maison, ainsi, tu auras toujours un pied-à-terre à Pont, même si ton ancienne ferme n'est plus. La seule condition : laisse mon ancienne classe et une chambre à disposition pour un prochain instituteur. Le reste de la maison est pour toi. Sois fière de ce que tu es devenue, car je suis fier de ce que tu es. Fier que tu n'aies pas céder à la facilité en épousant un de ces cinq Pontais qui n'en voulaient qu'à tes biens... Fier de la veilleuse Bousier, car au fond tu es forte comme un homme, même plus forte que bien d'entre eux. Si j'avais eu une fille, j'aurais voulu qu'elle te ressemble.


Surtout, je suis heureux de te voir si épanouie. Tu possèdes désormais un grand trésor en toi : l'amour. J'ai vu combien tes yeux scintillaient quand tu me parlais d'Audreigh. J'espère qu'il te chérit au moins autant que l'amour que tu lui portes, car si cela est le cas, vous aurez de belles années de bonheur ensemble.



Monsieur le Capitaine Trotteur sait qu'il devra t'envoyer une lettre par pigeon au Guet à mon décès. Je te laisse la charge de mes funérailles. Je sais que tu feras ça bien. Je désire un bûcher funéraire. Rassemble mes cendres, garde-les jusqu'au moment où tu pourras te rendre au lac Evendim pour les disperser. Alors je serai de nouveau chez moi. Emmène Audreigh avec toi si tu le souhaites, l'endroit est beau, il conviendra à un joli moment pour de jeunes gens amoureux.



Prends soin de toi, de ton Audreigh, fonde une famille soudée et aimante. Ne prive pas le Guet de ton service sous prétexte que tu es une femme ; le capitaine aura besoin d'une épaule sur qui compter, la tienne.


Bien affectueusement, ton vieil instituteur monsieur Branchedroite.
_________________
"Il fallait se ranger du côté des opprimés parce qu’ils n’étaient pas les oppresseurs." / "Ceux qui se chargent des tâches dont personne ne veut, sont rarement récompensés." (Terry Pratchett, Pieds d'argile)


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MessagePosté le: Jeu 29 Déc - 03:00 (2016)    Sujet du message: Publicité

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