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Expédition dans les hauts des Galgals

 
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Voyageur de Moradin
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MessagePosté le: Lun 9 Déc - 21:40 (2013)    Sujet du message: Expédition dans les hauts des Galgals Répondre en citant

 

 

 
Les collines des tertres. Nombreuses étaient les légendes racontées au coin du feu sur ces lieux, au Pays de Bree, légendes au contenu chaque fois plus sordide. Vérité, pure invention ? A en croire le derudh, les hauts étaient maudits et abandonnés des Esprits. Malgré les mythes courant sur les lieux et les avertissements du sage, le Choucas tenait à explorer l’endroit, convaincu que cette connaissance du terrain serait un jour utile au clan. Aussi partit-il, dans une froide nuit d’hiver, accompagné du derudh et de l’Ours, chacun emmenant avec lui une arme, des vivres, une torche, une corde et un cor.
 


  Le groupe arriva aux premières lueurs de l’aube aux abords des hauts des Galgals, et sous une grisaille que peinait à percer les rayons de l’astre du jour, les hommes empruntèrent le chemin s’enfonçant entre deux éminences rocheuses. S’ouvrit alors à leurs yeux un morne paysage : des tertres verts à perte de vue, avec ça et là des pierres de toutes tailles dressées vers le ciel, comme autant de doigts avides cherchant à s’agripper aux nues. A l’ouest se distinguait une vague et sombre ligne verte, que les Dunlendings identifièrent comme marquant l’orée de la forêt. Après avoir pris une pierre levée sur un épaulement à l’entrée des collines comme repère, le groupe se dirigea vers le sud et un immense mégalithe aperçu par Eirth. Le gigantesque menhir se révéla être plus éloigné qu’à première vue, et le temps que les hommes de Dun l’atteignent, une petite bruine fine et glacée s’était mise à tomber.
  L’ouvrage était titanesque. Il consistait en une monumentale pierre dressée vers le ciel, entourée de quelques-unes taillées paraissant minuscules à son pied. Le tout était dans une sorte de cuvette au sommet d’une colline. Du haut de cette dernière, l’expédition pu mieux apprécier sa position dans les hauts, et l’étendue de ceux-ci. Une paroi rocheuse au sud attira l’attention des hommes, qui espérèrent que le sentier la gravissant les mènerait hors de ces terres. En effet, si aucune créature des contes ne s’était manifestée, tous étaient d’accord pour qualifier l’air de vicié et le silence de pesant. Ils reprirent donc leur marche, descendant la colline pour gravir la falaise.


  Une fois parvenus au sommet, le soleil devait avoir atteint son zénith. Il était cependant difficile d’en juger car la bruine avait forci et brouillait la vue. Les hommes entr’apercevaient à peine ce qu’ils pensaient être l’épaulement rocheux indiquant l’entrée des hauts, au nord. Et quand ils se tournèrent vers le sud, ils se rendirent compte que les tertres s’élevaient toujours, de même que les mégalithes qui étaient en moyenne plus hauts que ceux dans la partie septentrionale des collines. Le derudh ayant repéré des constructions semblant indiquer la présence d’un ancien fort au sud sud-est, les Dunlendings se dirigèrent dans cette direction. Une fois entre les collines, le vent ne soufflait plus, laissant s’appesantir la bruine glaciale. Sur leur route, les hommes remarquèrent un tumulus plus important que les autres, à l’entrée marquée par deux imposants menhirs. Ils identifièrent là le tombeau d’un roi. Puis ils continuèrent leur ascension vers les ruines.
  Il n’y avait aucun doute possible quant à l’usage de l’édifice, qui avait autrefois servi de place forte. Après une brève inspection des vestiges de la forteresse, les Dunlendings en déduire qu’elle ne gardait nulle entrée des sinistres collines, et que la seule ne passant pas par la forêt devait être celle empruntée il y avait plusieurs heures de cela. Malgré l’envie du Choucas d’examiner les alentours depuis une tour tenant encore sur ses fondations, les deux autres hommes réclamèrent le départ des lieux. La brume combinée à la luminosité décroissante les rendant de plus en plus anxieux. Quant aux  morts, même s’ils ne se montraient pas, le derudh affirma entendre leurs murmures courir à travers le brouillard. Cahern se résolu donc à rebrousser chemin, et le groupe quitta les ruines.




  C’est presque au hasard que les hommes de Dun choisir la direction, peu sûrs de celle-ci à cause des bas nuages stagnant entre et sur les tertres. Ils finirent par suivre l’indistincte ligne en hauteur qu’ils pensaient être la forêt, gardant celle-ci sur leur gauche. Ils regagnèrent ainsi le mur séparant en deux les hauts des Galgals. Mais une fois la descente effectuée, l’Ours prit vers ce qu’il jugeait être le nord, délaissant l’orée de la forêt. La nuit étant tombée et la visibilité étant presque nulle, les hommes s’assurèrent avec une corde, afin de ne pas se séparer. Eirth, torche en main, pris la tête, suivi du derudh, Bran fermant la marche.
 
  A peine quelques minutes après avoir pris ces précautions, le froid se fit soudainement plus vif et pénétrant, gelant le sang et glaçant les os, paralysant le cœur du brave. Un froid mauvais, perfide, maléfique. Sur la droite d’Erlad, un psaume s’éleva, aussi dur et froid que la pierre des collines. Le derudh tira sur la corde pour faire reculer le guerrier, alors que la chose s’avançait à la chiche lueur de la torche.
  L’enveloppe charnelle de la créature était morte depuis des âges, une armure d’apparat et un pâle linceul recouvrant ses os décharnés ; mais l’éclat terrible de son regard la prouvait animée. Après avoir annoncé l’appartenance de cette terre aux morts et avertit les hommes, qui avait sorti leurs armes, quant au sort des vivants, elle s’avança, soufflant la torche que l’Ours agitait devant lui en dérisoire défense. Alors que Cahern se rapprochait lentement de son frère d’armes, bouclier levé, le derrudh s’était agenouillé et implorait à mi-voix Rhi Helvarch de leur venir en aide.
  ‘ Je t’offre le sommeil ‘ déclara le spectre en levant son épée pour l’abattre sur Eirth. Celui-ci dressa sa hache, mais lentement, bien trop lentement ; comme si son bras était engourdi par le froid et refusait de s’exécuter. Ce fut le Choucas qui interposa son bouclier entre son compagnon et l’antique lame. Mais ni l’un ni l’autre ne furent capables de riposter, leurs membres ankylosés par quelques maléfices et leur volonté presque annihilée par la seule présence de l’être d’outre-tombe. 


  Le derudh, néanmoins, se dressait, et clama à la face de l’abjecte créature : 'Maudits soient les morts qui marchent, maudites soient leurs épées, maudites leurs maisons de pierre sous l'herbe verte.'
  A ces mots, l’esprit porta son attention sur le vieil homme resté en retrait et lui rétorqua haineusement : ‘Qui es-tu, créature de chair, pour maudire ce qui l'es déjà ?'
  Mais le sage de Dun poursuivait : ‘Maudit soit le mort, maudit soit le ver qui perce sa chaire, maudit son linceul moisissant, maudit sa voix d'outre-tombe. Une fois maudit le mort qui se réveille, mille fois maudit le mort qui lève sa lame sur les fils de Dun.’ L’être poussa un grondement malveillant en s’avançant vers le porte-parole des Esprits, son arme déjà brandie. Mais le sage de Dun poursuivait. ‘Maudite la lame qui boit le sang du derudh, maudit l'être qui la tient, pour cet âge, et pour les âges à venir. Nul salut il ne trouvera, nul espoir il ne guettera. Ni mort, ni repos pour le mort qui fera couler le sang de Dun.’
  Le spectre repoussa l’Ours qui s’interposait avec force avant de frapper le derudh. Cependant, les deux hommes étant directement liés par la corde, et le premier entraina le second dans sa chute, le soustrayant au coup.


  C’est alors qu’arrivèrent deux inconnus, armés de grandes épées et de torches. Criant dans une langue inconnue des Dunlendings, ils chargèrent pour leur prêter main forte. Leurs invocations, mêlées à celle du derudh, semblèrent affecter la créature qui se mit à psalmodier dans une sombre langue oubliée. Fut-ce la chance, Rhi Helvarch ou les divinités des inconnus qui sauvèrent les hommes cette nuit là ? Nul ne se posa la question, mais si la flèche tirée à bout portant et transperçant son armure n’eut pas l’air de gêner l’occupant du Galgal, ce ne fut pas le cas de la torche qui enflamma son linceul. Un cri strident accompagna la rupture du charme paralysant la volonté de ses proies, qui s’enfuirent sous la conduite de leurs sauveurs.
 


  Ce n’est qu’une fois hors des collines des tertres, après une course effrénée, que les hommes s’arrêtèrent pour reprendre haleine. Cependant, une fois remis de leurs émotions, les étrangers voulurent savoir ce qui avait conduit les fils de Dun en ces lieux. Face au refus de répondre opposé par le Choucas, ils arguèrent être les défenseurs et héritiers de ces terres, et qu’ils ne tolèreraient aucun vol des legs de leurs ascendants, même si ceux-ci étaient aux mains des morts. Il leur fallu quelques minutes et la parole de Bran comme quoi rien n’avait été dérobé dans les tumulus pour renoncer à leur investigation et se retirer. Les Dunlendings firent de même, repartant en silence, chacun méditant le cauchemar de cette nuit.
 

_________________
''Par le marteau de Moradin...''


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MessagePosté le: Lun 9 Déc - 21:40 (2013)    Sujet du message: Publicité

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