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La campagne d'Arnor

 
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MessagePosté le: Sam 27 Déc - 01:46 (2014)    Sujet du message: La campagne d'Arnor Répondre en citant

La Chaussée aux Hommes morts :

L’expédition des landes d’Etten, bien que désastreuse, permit une chose : prendre connaissance d’un péril pesant sur Eriador. Il était en effet désormais connu que des orcs s’étaient rassemblés pour attaquer l’Ouest, en commençant par les Hommes. Cependant, ceux-ci n’avaient pas les moyens de résister, et s’ils tombaient, ce seraient les nains qui en pâtiraient à leur tour. C’est pour cela que le seigneur Higun décida de porter assistance à ce peuple auquel ses compagnons partis vers le Nord avaient déjà accordé leur confiance, malgré la forte opposition de son vassal, le margrave Torvaldr nouvellement arrivé au palais de Thorïn. Le fils de Nordri ne pouvait toutefois pas partir en guerre avec ses seuls guerriers, trop peu nombreux en ered luin. C’est pourquoi il chargea Drar de faire en sorte que Dwalïn leur alloue des troupes, pendant que lui préparait la campagne. Une fois que les négociations avec le seigneur d’ered luin furent en bonne voie, Higun décida de partir directement avec sa soixantaine de guerriers, car le temps pressait.

Le corps expéditionnaire se dirigea vers l’Est jusqu’à Bree où ile se ravitaillèrent, puis bifurquèrent vers le Nord, empruntant le Chemin Vert, comme l’avait fait les Hommes rescapés des landes d’Etten quelques semaines plus tôt. Une fois dans les hauts du Nord, les fils de Mahal constatèrent qu’ils avaient vu juste : les feux au septentrion indiquaient une présence dans ces terres d’ordinaire vides. Remontant toujours l’antique voie à marche forcée, ils virent que les combats semblaient déjà engagés : dans les ruines de ce que les gens de Bree appelaient la Chaussée des Hommes Morts, les éclaireurs rapportèrent qu’une bataille était en cours. Ils ne purent toutefois pas rapporter le nombre de combattants ni leur position, car ils n’avaient pas osé s’aventurer dans les décombres de l’ancienne cité, de peur d’être pris dans les combats sans pouvoir avertir le reste de la troupe. Cependant, ils informèrent le seigneur des Gabilbaruk qu’un camp avait été dressé devant les ruines, même s’il semblait avoir été déplacé. Craignant une attaque d’ennemis restaient en retrait dans un camp caché, Higun divisa donc ses forces en deux groupes égaux. Le premier, dirigé par lui-même, irait au secours des Hommes, tandis que l’arrière-garde préviendrait l’assaut de tout renfort orc. Quant aux éclaireurs, ils continueraient de chercher le camp.
Quand l’avant-garde arriva assez proche des combats, elle put connaître les positions des belligérants : les défenseurs avaient apparemment cédé une partie des ruines pour se replier derrière une seconde enceinte. La chaussée menant à la porte étaient grouillante de gobelins, une bonne soixantaine d’entre eux ferraillant pour passer les murs. Sur les flancs, en bas de la chaussée, des groupes d’archers tiraient divers projectiles sur les assiégés. Après une brève harangue, Higun lança la charge dans le dos des orcs occupant la chaussée avec une vingtaine de nains, les archers restant en arrière pour harceler les flancs des orcs et empêcher un encerclement de leurs frères d’armes.
Si la charge fit effet au départ, les nains souffrirent assez rapidement de leur faible nombre. Leur ligne se tordit jusqu’à la dislocation, et à peine plus de la moitié des guerriers parvinrent à rallier leur seigneur pour former un carré, incapables de tenir une ligne sur la chaussée trop large. En effet, les Hommes avaient profité de l’assaut inespéré des fils de Mahal pour contre-attaquer, et ils poussaient les orcs du haut de la chaussée. Ceux-ci, voyant leur ruine, tentaient de se replier, et la pression sur les nains qui leur barraient la route se faisait de plus en plus forte. Le fils de Nordri lui-même frôla la mort durant la bataille : mis au sol par un adversaire, il ne put se relever qu’en s’éloignant de ses soldats, se faisant donc engager par d’autres orcs. Irvald, une épée lige du margrave Torvaldr, abattit de nombreux gobelins dans la bataille, mais il finit par être mis hors de combat quand un ennemi planta une lance dans son épaule. Quant à son seigneur, il s’était fait isoler et, pour ne pas crouler sous le nombre, il tenta de sauter jusqu’à un pan de mur accolé à la chaussée. Ne parvenant qu’à agripper le rebord, il finit le combat suspendu, tentant d’éloigner l’adversaire l’empêchant de grimper.
Au final, les nains furent sauvés par ceux-là même qu’ils étaient venus aider, les Hommes rejoignant finalement l’avant-garde naine. Quant aux orcs qui avaient pu passer, la plupart furent détruits par l’arrière-garde laissée à l’entrée des ruines. La bataille était terminée, l’envahisseur défait.

Alors que le seigneur Higun s’entretenait avec les Hommes, Torvaldr rassembla les nains en bas de la chaussée pour soigner les blessés, installer le camp et faire le bilan des combats, sans prendre la peine d’en informer son seigneur, ce qui ne plut guère à ce dernier. Si le dirigeant Gabilbaruk acceptait le bien fondée de l’action de son vassal, il désapprouvait le fait de ne pas être averti. L’arrivée d’une guerrière humaine mis fin à l’accrochage et Torvaldr partit faire le bilan des pertes qui s’élevait pour l’instant à huit morts et une dizaine de blessés plus ou moins graves.
Au même moment, Higun apprenait de la femme que la lutte n’était pas terminée : les Hommes venaient de recevoir un messager d’un de leur chef établit plus à l’Ouest, en Evendim, message prévenant qu’une importante force d’orcs et d’hommes d’Angmar marchaient vers le lac Nenuial, un ost deux fois plus important que celui ayant frappé ici. Evidemment, la femme chercha à avoir le soutien du seigneur nain pour repousser cette nouvelle vague, mais l’héritier de Regun déclara ne pas pouvoir s’engager davantage sans nouvelle de Dwalïn, nouvelles qui selon lui arriveraient sous peu. En effet, sans le soutien du dirigeant du palais de Thorïn, la lutte était vaine, avec ou sans la troupe gabilbaruk. Les Hommes envoyèrent néanmoins une vingtaine des leurs vers l’Ouest, même s’ils n’avaient aucune chance de l’emporter, ils se battraient jusqu’au bout. Les nains, pour leur part, restèrent dans les ruines de la Chaussée des Hommes Morts le temps de soigner les blessés. La bataille préleva finalement douze morts, et sept autres nains, dont Irvald, avaient des blessures trop graves pour poursuivre la campagne. Le contingent s’en retrouvait réduit à une quarantaine de guerriers, plus ou moins en forme selon les cas.

Deux jours après la bataille, un message de Drar arriva au seigneur Higun par corbeau : Dwalïn acceptait d’allouer deux compagnies à cette campagne, soit trois cent nains. Cependant, au moindre revers trop important, ces troupes se retireraient, avec ou sans les Gabilbaruk. Dans sa lettre, le conseiller expliquait que Dwalïn avait assez mal pris la position dans laquelle l’avait mis le départ d’un seigneur en campagne avec si peu de troupes qu’il se ferait écraser sans renforts et qu’il détesta le fait de s’engager trop peu de renseignements.
Pouvant compter sur les forces du seigneur du palais de Thorïn, Higun apporta donc la nouvelle aux Hommes que les nains poursuivraient la lutte et que des renforts arrivaient des montagnes bleues. Il s’agissait donc de tenir jusqu’à leur arrivée. Avec un éclaireur, la quarantaine de guerriers nains encore aptes à se battre partit vers l’Ouest et les collines d’Evendim, tandis que les blessés étaient guidés vers le Sud et Bree.
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MessagePosté le: Sam 27 Déc - 01:46 (2014)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Sam 27 Déc - 01:51 (2014)    Sujet du message: La campagne d'Arnor Répondre en citant

Embuscade :

L’Evendim, berceau de l’ancien royaume d’Arnor. Aujourd’hui guère plus que champ de ruines, mais les Hommes continuaient à protéger les lieux, et les nains les accompagnaient pour faire face à l’assaut qu’allaient subir les collines. Après plusieurs longues journées de marche, se reposant peu pour pouvoir rejoindre leurs alliés à temps, le contingent gabilbaruk opéra une nouvelle fois la jonction avec les Hommes. Ceux-ci avaient décidé d’organiser leurs défenses à l’unique point de passage du Baranduin : un pont situé à l’extrémité du lac Nenuial, là où ses eaux s’échappaient vers l’Est puis le Sud pour former la rivière. Toutes les terres au Nord de ce point avaient été évacuées car les défenseurs, dont le nombre s’élevait avec les nains à quatre vingtaines, étaient trop peu nombreux pour tenir efficacement ce territoire trop vaste. Cependant, afin d’établir les défenses du pont, Valandil, le chef des Hommes en ces lieux, avait besoin de temps. Or, l’avant-garde ennemie, qui progressait à environ une demi-journée d’avance de la force principale, pourrait ne pas le leur offrir. Il chargea donc Atharadan de constituer une force pour ralentir la progression de l’ost du Nord. L’homme à la double-lame pris avec lui une vingtaine des siens, ainsi que dix nains choisis par le seigneur Higun, qui tint à participer à l’expédition. Ce dernier laissa à Torvaldr le commandement des nains restant au pont.
La troupe partit tôt dans la matinée, sous un soleil clément. Quand ils eurent grimpé la côte escarpée au Nord du Baranduin, Atharadan envoya Belnearen dans des ruines surplombant la vallée s’étendant en contrebas, devant eux. Selon la femme, la vaste combe était vierge d’ennemis. On entreprit donc la descente, les Hommes voulant apparemment stopper l’avancée orque loin du pont, dans les hauteurs de l’autre côté de la dépression qu’ils venaient d’atteindre. Mais quelque chose le fit revoir leur plan : en effet, Atharadan remarqua deux points noirs se détachant sur le pâle ciel du Nord, des crébains volant en cercles au-dessus des collines septentrionales. Aussitôt, Hommes et nains se mirent à couvert. Traverser la vallée s’avérait trop risqué, car même un groupe réduit serait vu. Or, l’effet de surprise était essentiel à la réussite de cette mission, il faudrait donc attendre l’ennemi à l’extrémité méridionale du val. Alors que la troupe remontait sous le couvert des arbres, un éclaireur fut envoyé identifier les forces de l’ennemi. Pendant ce temps, Atharadan plaça les forces : vingt nains et hommes se placèrent en haut de la colline, de part et d’autre du chemin, en deux groupes: l’un, plus nombreux dans des ruines sur le côté ouest, et l’autre uniquement composé d’archers dans les arbres et rochers à l’Est de la route. Huit hommes furent également laissés en embuscade dans des ruines en contrebas, en retrait par rapport au sentier et à l’ouest de celui-ci, pour prendre à revers les orcs. Une fois placés, Hommes et nains attendirent. L’éclaireur revint, rapportant la composition de l’avant-garde ennemie : une soixantaine de gobelins, tous armés légèrement mais dont un tiers était monté sur des wargs. Ceux-ci marchaient derrière la piétaille, qui s’était étalé de faon à couvrir plus que la route. Apparemment, les orcs préféraient prendre des précautions dans leur avancée vers le Sud. Bientôt, ils verraient que leurs craintes étaient fondées.

Mais il est rare qu’une bataille se déroule comme prévue. Ainsi, depuis les ruines en sommet de colline où ils étaient postés, Atharadan et Higun entendirent qu’un combat semblait s’engager plus bas, alors que les huit hommes avaient reçu l’ordre d’attendre que les orcs soient engagés par le reste des embusqués pour frapper. Voulant savoir de quoi il retournait avant d’agir, Atharadan envoya Belnearen hors des ruines afin de lui dire ce que diable il se passait. Mais la femme, si elle put voir que l’infanterie orque avait commencé à pénétrer les ruines que tentaient de tenir les huit combattants, fut repérée. Elle tenta alors d’attirer les orcs là où ils auraient dû être pris en embuscade, et cela marcha : s’enfuyant après s’être clairement signalée, Belnearen remontait la colline avec une dizaine d’ennemis derrière elle. Ceux-ci furent chargés par les Hommes et les nains quand ils arrivèrent à leur niveau, et rapidement dispersés. Pendant ce temps, les deux groupes d’archers tiraient sur les gobelins assiégeant les ruines à mi-pente. Mais une autre dizaine de ces créatures commençaient à se diriger vers les archers sur le côté ouest de la route. Et là encore, la bataille pris un cours insoupçonné.
Atharadan, confiant en les archers dont la position surélevée permettrait selon lui de compenser le maigre surnombre des orcs progressant vers le haut de la colline, chargea avec ses cinq hommes la vingtaine de gobelins s’attaquant au huit guerriers dans les ruines en bas, pensant que les nains le suivraient. Mais le seigneur Gabilbaruk mena ces derniers sur les orcs allant engager les archers, laissant les Hommes se battre seuls et en sous-nombre flagrant en bas. Pire encore, le groupe d’orcs attaqué cherchant à disperser les nains, le combat fut bien plus long qu’il n’aurait dû l’être. Cela permit néanmoins aux archers de concentrer leurs tirs en bas, pour aider les Hommes avant qu’ils ne se fassent submerger. Atharadan et son maigre groupe faisant de lourds dégâts dans les rangs ennemis, compensant le nombre, mais soudain, un cri d’alerte retentit : les cavaliers wargs, jusqu’ici inaperçus, chargeaient dans le dos le petit groupe déjà engagé. Celui-ci ne dû son salut qu’aux splendide tirs de barrage de tous les archers qui décimèrent l’essentiel des troupes montées, celles-ci se retirant pour se mettre à couvert alors que les Hommes rejoignaient les nains.
Quant aux huit hommes attaqués dans les ruines, cinq d’entre eux avaient réussi à quitter ces dernières, profitant de la charge de leurs compagnons et des tirs de couverture. Ils avaient quitté les ruines par l’Ouest et rejoignaient les archers en grimpant le long de la colline, protégés des orcs les suivant par les tirs des archers. Apprenant que le front changeait de place, Atharadan et Higun rejoignirent le flanc ouest de la colline, tandis que les archers sur le côté Est de la route restaient afin de prévenir une nouvelle charge des wargs. Le seigneur nain positionna ses guerriers de façon à ce qu’ils chargent dès que l’ennemi arrivera au sommet de la butte, laissant auparavant les archers l’affaiblirent. Mais l’ennemi ne vint pas. En effet, un cor orc retentit dans le bosquet en bas de la colline, et les derniers gobelins se replièrent à son appel.

La bataille semblait gagnée, l’avant-garde de l’ennemi se repliait, laissant ainsi aux défenseurs le temps de fortifier le pont. La troupe avait perdue assez peu de membres : cinq Hommes et un nain étaient morts, d’autres blessés mais ils pouvaient au moins rejoindre le pont. Cependant, le retour se fit dans un lourd silence et dès son arrivée à la rivière, Atharadan alla trouver Valandil. De plus, les Hommes ayant participé au combat ne se mêlaient pas aux nains, et ces derniers étaient en général plutôt entre eux, surtout pour ceux rejoignant les opinions du margrave Torlavdr. Si les deux peuples combattaient côte à côte un ennemi commun, l’entente ne semblait guère aller plus loin.
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MessagePosté le: Sam 27 Déc - 01:51 (2014)    Sujet du message: La campagne d'Arnor Répondre en citant

 La bataille du pont :


Peu de choses sont plus éreintantes que l’attente d’une rude bataille à laquelle on ne peut échapper. Cette bataille, les défenseurs l’attendirent près d’une journée entière une fois les défenses du pont achevées. Le plan de bataille était simple : sur le pont, de chaque côté de la statue que les Hommes appelaient le Colosse, se dressait une barricade de fortune faite de bois et de pierres, chacune étant tenue par cinq guerriers équipés de boucliers et soutenus par cinq autres équipés d’armes longues. Ces premières lignes étaient presque uniquement composées de nains, ceux-ci ayant l’équipement le plus adéquat pour supporter les premières charges de l’ennemi. Les quelques hommes se mêlant à ces lignes n’étaient là que pour combler les manques. Evidemment, on n’envisageait pas de stopper l’armée du Nord avec des barricades et vingt défenseurs, c’est pourquoi deux groupes d’une quinzaine d’Hommes se tenaient en retrait sur le chemin, près à intervenir. Celui à l’Est ne bénéficiant pas d’abri naturel, on avait dressé des pavois de fortune pour que les guerriers puissent s’abriter des tirs, il en allait de même pour les archers du même flanc positionnés juste au-dessus, sur un lacet de chemin menant au sommet de la falaise surplombant le pont. Sur ces hauteurs étaient placés les derniers et le commandant de la bataille, Valandil. On avait aussi mis là haut des pierres, barriques et autres matériaux lourds qui seraient précipités sur l’ennemi s’il passait le pont.
Il y avait en tout près de quatre-vingts combattants chez les nains et les Hommes, quand les effectifs de l’ennemi s’élevaient selon les éclaireurs à près de deux centaines d’individus ; en grande majorité des orcs, mais il y avait aussi des gens d’Angmar. Le seigneur Higun était avec les archers, la margrave Torvaldr en première ligne avec Gurandalin et Balsi ; les Hommes Atharadan et Belnearen comblaient les effectifs sur la voie Est du pont.

L’ennemi n’arriva qu’en fin d’après-midi, se signalant par quelques gobelins observant les défenses du haut des falaises de la rive Nord. Plusieurs dizaines de minutes plus tard, des groupes d’archers orcs descendaient vers le pont pour se positionner dans la pente à des endroits où leur champ de tir serait assez dégagé. Sans surprise, ils lâchèrent leurs traits vers les défenseurs, dont le premier rang leva les boucliers. Toutefois, ce n’était pas les combattants qui étaient visés, mais les barricades, qui explosèrent en se consumant dans les flammes. En effet, les flèches semblaient avoir été lestées de fioles contenant du feu-dragon, et la faible distance de tir avait permis aux projectiles de voler jusqu’aux défenses. Malgré les projections de débris, du côté Est, personne ne fut blessé : leurs boucliers préservèrent les défenseurs, même si certaines armes défensives souffrirent beaucoup des chocs, voire devinrent inutilisables pour le bouclier de Belnearen.
Alors même que les traits venaient d’être lâchés par les archers ennemis, des orcs équipés d’armes à deux mains descendaient au pas de course la pente, et arrivés sur le pont, ils chargèrent, faisant fi des tirs de barrage des archers postés sur la rive Sud. Sur la voie Est, Belnearen n’ayant plus de bouclier, elle s’était repliée au second rang, obligeant le premier à s’élargir. Il tint cependant bon le premier choc, appuyé par les combattants équipés d’armes longues. Les espaces entre les quatre nains équipés de bouclier étaient cependant dangereusement larges et des orcs tentaient par moment de percer la ligne en ces points. L’un d’eux le regretta amèrement, Balsi le faisant trébucher de sa vouge avant de l’empaler au sol. Mais la ligne était malmenée : Gurandalin, qui tenait le centre avec Torvaldr, vit son bouclier détruit suite au puissant coup de claymore, coup qui l’envoya également contre Atharadan qui était derrière lui et tentait d’empaler un orc s’en prenant au flanc gauche de la ligne. L’orc à l’imposante épée fut abattu par Belnearen, mais le plus grand mal était fait : Atharadan poussa sans ménagement le nain sans bouclier pour prendre sa place, et Gurandalin répliqua au marteau. Oubliant les orcs, l’homme et le nain reculèrent pour se battre, laissant un trou béant dans la ligne que tenta de combler Belnearen. Mais il était trop tard, la ligne cédait. Sur la droite, Gunarr était malmené et Balsi, en tentant de le protéger, reçu un coup qui le précipita dans les eaux du Baranduin. Au final, seuls Torvaldr et Belnearen tenaient au centre des vestiges de la ligne, tous se repliant ou tombant autour. C’est cette percée qui mit fin à la rixe dans le camp des défenseurs, Atharadan se faisant acculer contre la statue par un orc, tandis qu’un autre portait un violent coup sur le casque de Gurandalin qui lui tournait le dos. Le casque fut brisé par le coup et le nain s’effondra. Il était néanmoins miraculeusement toujours vivant, bien que sonné ; un de ses frère d’armes parvint à le ramener avec les troupes de réserve. Quant au margrave et à la femme qui s’étaient fait piéger par la rupture de la ligne, ils coopéraient pour battre en retraite. Mais, attaqués de partout, ils en vinrent à se géner, se retrouvant l’un contre l’autre. Il fallut l’intervention d’Atharadan, qui parvint à se défaire de ses adversaires, pour permettre à Belnearen de se replier, laissant par la même occasion la possibilité à Torvaldr de reculer. Mais dans sa retraite, la femme reçu un coup de hampe derrière le genou qui la mit à terre et c’est le margrave, qui venait de perdre son bouclier suite à un énième coup de marteau, qui la sauva. Se baissant pour éviter un coup, il tourna le dos à ses adversaires le temps de la retraite, taillant au passage l’arrière de la jambe de l’orc qui levait sa hache pour abattre la femme au sol ; puis, rejoint par Atharadan, il fit volte-face pour protéger la guerrière tout en achevant le gobelin. La situation n’est demeurait pas moins désespérée, et il fallut la charge des troupes de réserve pour achever la retraite. La plupart des survivants de la première ligne profitèrent de ce répit pour souffler, mais Gurandalin, qui avait chargé avec la réserve, poursuivit sur sa lancée, abattant quelques ennemis se repliant trop lentement. Gunarr voulut faire de même, mais un gobelin au sol lui attrapa la cheville et le fit tomber, pour ensuite lui asséner de violents coups au crâne avec une pierre. Le malheureux fut abattu par la volée de flèches lâchée par les orcs, volée qui mit fin à la contre-attaque des défenseurs sur ce front.
De l’autre côté du Colosse, les défenseurs, bien que reculant, le faisait en meilleur forme, tenant la ligne. Cependant, l’ordre fut donné à tous de se replier sur la berge, car l’infanterie gobeline se retirait pour laisser la place aux cavaliers wargs et aux cavaliers lourds angmarim. Ces derniers chargèrent sur le côté Ouest, là où la résistance était la plus forte, mais les pierres et autres projectiles poussés du haut des falaises brisèrent leur charge, ce qui permit aux défenseurs de tenir le coup. Mais de l’autre côté, les wargs traversaient presque indemnes les chutes de gravats et percutaient violement les lignes, disloquant celles-ci au centre. Torvaldr et Bolï, sur le flanc gauche, parvinrent à se replier sans mal, leur gauche étant protégée par le talus du chemin serpentant jusqu’en haut de la falaise. Atharadan et Belnearen, à l’autre extrémité, n’eurent pas cette chance. Le premier reçu un coup de lance lors de la charge, et en voulant le protéger de la venue d’un autre loup montée, la seconde fut précipitée dans les eaux sombres de la rivière : le warg, en bondissant sur la femme, fit chuter un pavois de fortune et tomba à l’eau, entraînant la guerrière et son cavalier.
A la suite des cavaliers, la piétaille orque se pressait sur le pont. Tout semblait perdu, l’ennemi écrasant de son nombre les défenseurs. Mais soudain, un cor retentit au Sud-est, derrière la colline abrupte. Un cor nain. Les renforts promis par Dwalïn arrivaient enfin, redonnant espoir aux combattants quand l’échec leur paraissait si proche. Bientôt, les deux régiments déferlèrent sur les orcs, trois cent haches les refoulèrent de l’autre côté du Baranduin, puis par-delà les collines de la rive septentrionale. Quelques gabilbaruk et Hommes les accompagnèrent, mais la plupart laissèrent aux troupes fraîches la fin du travail, préférant soigner les blessés et chercher parmi les corps d’éventuels survivants.
C’est en faisant cette besogne que Torvaldr entendit des appels venant du pont. S’y rendant, il découvrit au second appel Belnearen désespérément accrochée à un pilier du pont. Le margrave envoya un Homme chercher une corde, mais celle-ci s’avéra trop courte pour descendre jusqu’à l’eau, s’arrêtant un peu au-dessus. Bien que la femme finisse par parvenir à attraper la corde, Torvaldr descendit l’aider. Une fois remontée, la guerrière demanda où était Atharadan, et le nain répondit que la dernière fois qu’il l’avait vu, il chargeait avec les nains d’ered luin. Puis il laissa la femme qui alla prendre du repos et des soins, pendant que lui cherchait d’éventuels nains ou Hommes à secourir.

Les combats durèrent encore toute la nuit, le fracas des armes résonnant dans la vallée au Nord. Mais les orcs et leurs alliés d’Angmar, dépassés en nombre par les nains de Dwalïn, n’avaient aucune chance. Certains purent cependant fuir vers les collines septentrionales, et les nains ne disposant pas de cavalerie, ils laissèrent les lambeaux de troupes filer.
Après cela, la bataille changea de forme pour devenir celle des médecins luttant pour soigner ceux qui pouvaient l’être. Si certains come Torvaldr ou Higun, qui avait pour sa part passé les combats parmi les archers avant de participer à la charge des forces de Dwalïn, étaient peu blessés, mais d’autres avaient reçu des coups bien plus sérieux. Il en allait ainsi d’Atharadan, retrouvé à moitié inconscient sur le pont, ou de Gurandalin qui avait besoin de soins à son crâne, même si son casque l’avait sauvé de la mort et permis de poursuivre encore les combats. Balsi fut également retrouvé, échoué sur la berge en aval du pont, mais encore en vie.

Grâce à l’assistance des nains, la menace du Nord avait été repoussée. Mais pour certains fils de Mahal, cette victoire avait un goût amer : les Gabilbaruk principalement, qui avaient versé leur sang dès les combats dans les hauts du Nord, ne comprenaient pas ou désapprouvaient le fait d’avoir été mobilisés pour aider des inconnus, ou bien d’être partis en si petit nombre sans attendre les forces de Dwalïn, ce qui aurait grandement réduit leurs pertes. Aussi ne pensaient-ils qu’à leur retour, qu’à se remettre en marche dès les blessés soignés.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 16:28 (2018)    Sujet du message: La campagne d'Arnor

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