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Sang et honneur

 
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Voyageur de Moradin
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MessagePosté le: Jeu 11 Juin - 19:15 (2015)    Sujet du message: Sang et honneur Répondre en citant

 Il fut dit quels griefs entretenait le clan Gabilbaruk à l’égard des chefs orcs Druzag et Shurkûl, et comment ceux-ci navrèrent à plusieurs reprises le clan. Malgré le temps s’écoulant, ces torts n’étaient pas oubliés des nains qui travaillaient toujours à leur réparation. Mais il était malaisé de simplement localiser ces créatures, qui toujours se terraient en terre lointaine. C’est pourquoi quand des nouvelles des deux ennemis du clan parvinrent au seigneur Higun, celui-ci ne put que saisir l’occasion. Les orcs étaient loin et dans des territoires inhospitaliers sinon hostiles, mais la quête de vengeance n’aurait su être abandonnée, aussi le seigneur des Gabilbaruk rassembla-t-il au plus vite ses meilleurs guerriers. Au final, ce furent quatre-vingts nains en armes, vétérans de plusieurs campagnes auprès de leur seigneur, qui accompagnèrent ce dernier. Sous le doux soleil de la fin avril, alors que les dernières neiges sur les routes des ered luin fondaient, la troupe se mit en marche vers l’Est, vers la vengeance et le sang.
  La route était longue jusqu’aux monts brumeux, mais elle se fit sous un temps clément. A la fin du mois de mai, les nains atteignaient les contreforts des montagnes, où ils firent une courte halte le temps de se ravitailler en eau et d’échafauder plus précisément leurs plans. C’est avec le soleil de juin qu’ils entreprirent l’ascension, mais le temps se gâta vite : l’air fraîchissait avec l’altitude et le sol était encore saupoudré d’une neige qui jamais ne fond, et à l’Est s’amoncelaient de sombres nuages.
  C'est dans ces conditions que les combats débutèrent. Ils furent annoncés par le sifflement des flèches, les hurlements des ennemis qui sautaient sur les nains depuis le bord du sentier. L'affrontement fut court mais meurtrier. C’est avec l’ardeur du combattant acculé face à un ennemi haï de longue date que les nains répliquèrent, mais le terrain jouait contre eux : étirés en une longue colonne sur un étroit chemin serpentant à flanc de montagne, ils peinaient à se mettre en ordre de bataille, et certains étaient précipités en contrebas. Mais grâce au sacrifice de Baldr et de ses fils Bori et Nári, le seigneur Higun parvint à percer l’étreinte mortelle et à sortir ses guerriers de la mêlée. Dans ce même intervalle, comme répondant au fracas des armes, les nuées éclataient. Le fils de Nordri sut tirer partie du déchaînement des éléments, le vent et la neige fouettant les visages permirent aux nains de distancer leurs poursuivants. Mais les fils de Mahal, éreintés, meurtris, autant victimes que leurs ennemis de la formidable tempête qui gagnait en ampleur, ne pouvaient se résoudre à aller bien loin.
 
  Ils bivouaquèrent dans un ancien fort trouvé inoccupé qui gardait l’accès au Haut Col. Une première enceinte, que perçait la route en deux points, protégeait le fort et l’accès à la passe. Les portes étaient depuis longtemps devenues poussière, mais les murs avaient résisté à l’abandon et semblaient solides. S’élevait ensuite un second rempart, séparé du premier par une cour où courait le sentier. On accédait à ce dernier mur par de larges escaliers qui menaient à un pallier donnant sur le chemin de ronde et le corps de garde creusé à même la montagne. Une dernière volée de marches conduisait à une terrasse surplombant une vallée encaissée.
  Presque la moitié des nains avaient déjà péri en un seul affrontement, peu parmi les rescapés étaient indemnes et certains n’étaient plus en état de combattre. On installa ceux-ci dans le dortoir du corps de garde, et on attendit que l’orage se calme. Dès que le vent fut moins fort, on posta des veilleurs ; Balsi et quelques autres s’attelèrent à la construction de brancards de fortune avec le peu de moyens à dispositions tandis que le seigneur des Gabilbaruk, Torvaldr et quelques autres discutaient de la marche à suivre. La conclusion des débats était amère : il fallait se replier, sauver ceux qui pouvaient l’être. Mais où ? Par l’Ouest, vers la vallée de Foncombe et l’ennemi que l’on venait de semer, en espérant le secours des elfes ? Ou bien vers l’Est et le Val d’Anduin, plus lointain mais peut-être plus aisément accessible ? Nulle réponse ne devait être apportée, car les orcs, aidés de leurs loups, avaient retrouvé la trace des nains. L’heure était de nouveau à la bataille, et en cette place qui avait dû voir en son temps moult guerres entre les deux peuples ennemis, le sort des fils de Mahal serait scellé.
  L’aube n’était pas encore levée quand les guerriers aptes à combattre se rassemblèrent dans la cour, éclairée par les torches qu’on allumait à la hâte. De plus en plus proche, le hurlement des loups certifiait la perspective du combat. Le jeune Higun se dressait sur un promontoire, visible à tous ceux qui l’avaient suivi. Sa tête était découverte, et une brise d’Ouest chassant les nuages faisait danser sa chevelure. Il s’exclama d’une voix forte, puissante et claire, qui couvrait les soupirs du vent et les cris des loups :
« Mes frères ! A tous unis en ce jour ! Nous avons combattus ensemble, bu ensemble, ri ensemble. Nous avons pris des risques, parfois inconsidérés pour l'or, la gloire et la richesse de notre peuple ! Nous avons connus des situations difficiles. Aujourd'hui plus que jamais. Le sang appelle le sang. Nous sommes éreintés. Mais nous devons nous battre pour notre survie à tous. »
 Et il leva sa hache Naragbund, la Tête Noire, vers le firmament ; un feu brillait dans son regard, un feu attisé par l’imminence de la bataille. En ce moment décisif plus que jamais se voyait en lui l’étoffe même des grands seigneurs de jadis, et il poursuivait d’une voix toujours si claire :
« Voici le jour qui scellera notre destin. Voici venu le jour où vous pourrez dire à vos enfant "j'y étais, nous y étions" ou dire à vos ancêtres "j'y suis tombé, nous y sommes tombés". Brandissez vos armes, soyez sans pitié et vous pourrez sans honte vous présenter à vos ancêtres. »
« Baruk khazâd ! » conclut-il, et ce cri fut repris par tous, il roula entre les murs et les falaises, tel un défi lancé aux orcs, telle une promesse à Mahal que l’agonie de ses enfants serait si glorieuse qu’elle résonnerait durant des âges dans les chants, échappant aux ténèbres de l’oubli. Puis l’héritier de Regun ceignit son heaume et rejoignit le second rempart, tandis que Torvaldr organisait les lignes pour en interdire l’accès.
 
 La bataille commençait. Le seigneur Higun fit tirer des flèches enflammées dans la cour afin que les archers puissent viser au mieux. A ces traits répondirent les orcs, d’une volée imprécise et dérisoire qui arrosa les fortifications mais laissa les défenseurs indemnes. Puis ce fut la charge. Les orcs se précipitèrent dans la cour, sur les nains qui tenaient l’escalier. La morsure des flèches lâchées sur eux ne les ralentit pas, mais ils se brisèrent sur les boucliers des nains, et ceux-ci ne tardèrent pas à repousser le premier assaut. Telles les vagues de la Mer sur une digue, l’assaillant refluait après que son élan se soit rompu sur les armes des assiégés. Ne leur laissant nul répit, les archers faisaient chanter leurs arcs, mais déjà d’autres orcs, montés sur des wargs, fondaient sur les marches défendues. Le fils de Nordri envoya quelques tireurs renforcer la ligne, Derklainf fut de ceux-là. Le choc était bien plus rude que le précédent et les défenseurs en furent bien plus éprouvés. Derklainf faillit perdre sa main entre les mâchoires d’un loup, ne devant son salut qu’à la diligence de Hrorik dont la hallebarde tua la bête. A ses côtés, Irvald reculait, l’épaule percée d’une lance. Mais finalement, avec le concours des archers qui se positionnèrent sur le pallier en face de la mêlée, les nains repoussèrent les loups montés. Alors seulement leur fut octroyé un répit.
  Ce délai fut employé par les défenseurs pour reformer leurs rangs, remplacer les blessés et retrouver des projectiles. Torvaldr, dont le bouclier avait été fendu, rejoignit son seigneur à l’arrière des lignes, ainsi qu’Irvald qui avait abandonné son marteau trop lourd pour son épaule blessée contre une épée. Pendant de longues minutes, nul assaut ne fut donné. Mais secrètement, quelques orcs s’étaient ménagé un passage jusqu’au pied de la terrasse du fort, au bord du vide surplombant la vallée. Ils n’étaient qu’une poignée, mais comptaient prendre les nains par derrière quand ceux-ci seraient au plus fort du combat. Fort heureusement, on les repéra à temps, et le seigneur Higun pris Torvaldr, Irvald, Derklainf, Hrorik et Garmr avec lui pour les repousser. L’ennemi avait cependant sélectionné ses infiltrés avec soin, et c’est avec hargne qu’ils résistèrent. Derklainf fut mis à terre, son genou durement frappé par une lame ; Torvaldr éprouva la morsure d’un cimeterre, mais c’est son homme lige Irvald qui paya le plus lourd tribut, donnant sa vie pour sauver celle du fils de Murin. En silence il tomba une fois son devoir accompli, et ainsi mourut l’égide de Torvaldr. Les orcs furent repoussés sur ce front, mais déjà la bataille faisait à nouveau rage en bas.
 L’ennemi attaquait avec plus de rage que précédemment. Il avait testé la volonté des défenseurs, maintenant il allait les briser. L’assaut était mené par Druzag, le Seigneur des Os, qui avait tué Fundrinn Poing d’Acier aux landes d’Etten, et sous la pression qu’il infligeait aux nains, ceux-ci étaient proches de la ruine. Tandis que le seigneur des Gabilbaruk ralliait ses guerriers, Torvaldr, Yarvin et d’autres allaient au corps de garde pour en sortir de vieux tonneaux. Au signal de leur capitaine, les nains ouvrirent la ligne et l’on précipita les fûts sur les orcs. Les barils percutèrent de plein fouet les assaillants et, profitant de cette désorganisation, le fils de Nordri fit donner la charge, lui-même en tête. Quel spectacle grandiose que cette charge ! Les nains dispersaient les orcs, s’enfonçant profondément dans leurs rangs, frappant de taille et d’estoc ! Mais le plus formidable était de voir leur seigneur que rien n’arrêtait. Nul ennemi ne pouvait tenir face à Naragbund, la hache ancestrale des Gabilbaruk, et au bras qui la portait. Higun Uzbadgabilbarukû, que nul coup ne semblait pouvoir toucher, resplendissait dans son corselet de maille qui brillait au soleil levant. Car le vent d’Ouest avait chassé les noirs nuages d’orage et le soleil dissipait les ténèbres, redonnant espoir à ceux qui n’en avaient plus et faisant trembler le cœur de ceux qui étaient avant si hardis. Menant le centre, l’héritier de Regun dispersait l’ennemi, et son flanc droit était dégagé par Yarvin qui repoussait les orcs contre et hors les murs. Torvaldr quant à lui, menait une charge sur Druzag, mais il fut coupé de ceux qui le suivaient tandis qu’il s’enfonçait dans la mêlée. Fort heureusement, Balsi couvrait ses arrières et empêcha qu’on ne l’attaqua dans le dos quand il atteignit le grand orc du Nord. Mais Druzag ne devait pas périr par la lame de Torvaldr à la main noire.
 Ce n’était cependant ni un incompétent ni un couard qui dirigeait les orcs. Si le plus fort assaut de ces derniers avaient été déjoué et que la fortune semblait contre eux, il disposait encore de quelques armes, et ses sbires, bien qu’au moral chancelant, tenaient encore. C’est ainsi que Shurkûl lui-même, le Fléau des Gabilbaruk, se jeta dans la bataille. Il vint à la tête d’une garde rapprochée composés de grands orcs, mais lui était plus grand encore, son épaisse armure était d’excellente facture car faite suite aux pillages de la Moria, et il brandissait un grand fauchon dont le tranchant avait déjà goûté le sang des Gabilbaruk. Il souffla dans son cor pour rallier ses troupes, et la sonnerie résonna entre les parois rocheuses, grondant tel un millier de tambours. Alors le grand orc s’avança droit vers le descendant de Frárun, fendant les rangs, et le noble nain répondit à ce défi silencieux. Le seigneur Higun avançait, ses coups redoublant de rage alors qu’il pourfendait les orcs le séparant de son ennemi, levant et  abattant inlassablement Naragbund dont les tintements faisaient comme une musique de mort. Hrorik et Garmr couvrant ses flancs, le fils de Nordri engagea le combat contre le Tourmenteur des Gabilbaruk.
 Mais malgré la juste colère qu’il mettait dans chacun de ses coups, l’héritier de Regun ne parvenait pas à toucher son ennemi. Pis encore, il reculait. A maintes reprises le grand fauchon de Shurkûl s’abattit, mais toujours le noble nain, bien que mis en difficulté, évitait l’assaut avant d’à nouveau brandir son écu brisé et Naragbund maculée de sang. Hélas, le seigneur Higun combattait depuis plus longtemps que son adversaire, et la fatigue le gagnait. Ses attaques se faisaient moins précises, ses parades plus fragiles. Enfin il fut mis à terre par l’orc immonde, et ce dernier enfonça sa lame dans le corps du seigneur de la lignée de Frárun à la Barbe d’Or qui poussa un cri de douleur. Mais avant que la vie ne quitte le fils de Nordri, celui-ci rassembla ses ultimes forces pour saisir le bras son ennemi et lui planter sa dague dans la gorge, mettant ainsi fin aux jours du Fléau des Gabilbaruk, lavant l’honneur de son lignage et apportant la victoire aux siens.
 Car la contre-attaque des orcs avait été mise en échec par Yarvin, et même si le nain fut navré d’une lance avant la fin, la résistance acharnée qu’il mena fit douter les gobelins dont le moral lâcha avec la mort d’un de leurs chefs. Ils s’enfuirent alors, abandonnant lances et boucliers, cimeterres et arcs, tournant le dos aux lames vengeresses du peuple de Durin. Druzag lui-même, devant la fuite de ses guerriers, prit peur et s’enfuit, rompant le combat avec Torvaldr qui l’affrontait. Balsi sonna alors du cor, et avec lui tous ceux qui le pouvaient prirent les orcs en chasse. Nombreux furent mis à mort dans le vallon sous le soleil brillant, et les orcs se jetaient face contre terre, maudissant les nains et l’astre du jour avant d’être occis. Druzag lui-même tomba sous les coups de Balsi, et ainsi la vengeance des Gabilbaruk fut complète.
 
 Mais Torvaldr était resté dans la cour du fort après la déroute de l’ennemi, et là il trouva son seigneur. Il était étendu sur le sol pierreux, et le grand orc gisait auprès de lui. Il sourit à son vassal quand ce dernier vint à ses côtés, car la vie s’attardait encore en lui. Il le chargea de remettre à son régent Baldri, son héritier puisqu’il s’en allait sans fils, un testament ainsi que Naragbund qui devait passer au nouveau seigneur des Gabilbaruk. Et à Torvaldr il donna ses terres des montagnes bleues, en remerciement de ses services. Puis les cavernes de l’Attente s’ouvrir pour accueillir le digne descendant de Frárun, de Fafnur et de Regun ; le fils de Nordri savait son heure venu et adressa ces ultimes paroles à celui qui recueillait ses dernières volontés :
-          Un voile couvre mes yeux. Ce soir, j’irais boire avec mes ancêtres, et fièrement pourrais leur dire que l’honneur du clan est lavé. Soyez béni, toi et les tiens.
 Ainsi mourut Higun, fils de Nordri, fils de Regun, seigneur des Gabilbaruk. Et Torvaldr s’écria :

-          Triste est ce jour si tant de morts doivent ternir cette victoire ! Adieu, seigneur Gabilbaruk. Je sais que nos débuts furent difficiles, mais sachez que vous avoir servi dans cette ultime bataille et la vengeance de notre clan fut le plus grand honneur qui me fut donné. Que Mahal vous garde, jusqu'à la reconstruction du monde.
_________________
''Par le marteau de Moradin...''


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MessagePosté le: Jeu 11 Juin - 19:15 (2015)    Sujet du message: Publicité

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